Il y a une place vide sur le canapé. Il y a une place vide dans ce grand espace.
D’un côté, il y a Momo. De l’autre, il y a Pucci. Et moi, je suis au milieu.
Et pourtant, il y a une place vide : la tienne.
L’absence de ton être manque. Tu remplis l’espace, l’esprit, le cœur. Tu es.
On regarde la porte. On regarde la fenêtre.
On espère te voir surgir soudain, plutôt que de t’imaginer allongée sur ce lit, dans un hôpital stérile, incapable de te donner notre chaleur — celle dont tu aurais tellement besoin, maintenant.
Tu reviendras peut-être en morceaux. Avec de nouvelles fissures, des fautes mal recousues, et des silences plus larges que tes poches.
Pas besoin d’excuses. Ni de fleurs. Ni d’explications. Si tu reviens, il me suffit que tu t’assoies. Même en silence. Même de travers. Même pour un instant.
Et si tu ne reviens pas ? Je t’aimerai quand même. À distance. En absence. En différé.
Parfois, l’amour, c’est ça : pas un pont, mais une chaise laissée là pour celle qui, un jour, pourrait avoir froid.
Être mère — on le sait — est un travail terriblement difficile.
Ce n’est pas comme être cheffe du gouvernement : c’est pire. Bien pire. La cheffe du gouvernement est entourée d’un cabinet d’expert·e·s qui l’aident, lui soufflent quoi dire, comment le dire, avec quelle expression, à quel moment parler et quand se taire.
Les mères, non.
Les mères le deviennent du jour au lendemain, et tout ce qu’elles savent, elles l’ont absorbé par osmose : à travers les films, les tantes, les mères des amies, ou ce qu’il reste de la leur. Peut-être qu’elles ont idéalisé la mère sévère : “elle faisait ce qu’il fallait”. Ou bien la permissive : “elle, au moins, c’était pas comme la mienne.” Mais ensuite, la vérité arrive.
Et la vérité, c’est que nous sommes toutes fautives. Sachez-le.
Ne vous illusionnez pas à l’idée de faire un travail parfait, parce que — souvenez-vous bien — la faute est TOUJOURS celle des parents.
Et si tu es dans un foyer pour femmes victimes de violence, si tu es à Palerme et en plus étrangère, la faute est doublement tienne. C’est ta faute pour le Juge, pour les assistant·e·s sociaux·ales, pour les psychologues, pour quiconque t’observe de loin en jugeant selon son petit modèle mental de la “bonne mère”, celle qu’on leur a décrite dans les livres à la fac.
Quelle en est la conséquence ? Facile.
Le jour du Tribunal arrive. Quelques heures à se demander comment s’habiller pour “avoir l’air assez mère”. Récapitulatif mental de toute l’histoire. Mais le Juge n’est plus celui que j’avais étudié. J’avais tout lu : sa jurisprudence, ses phrases, ses attitudes. Remplacé. Une autre.
Juge honoraire. Psychologue. Du genre à écouter les enfants mais qui décide aussi du sort des parents. Sans être juge véritable, mais assez pour changer une vie.
Et puis, le plus beau. Je revois enfin ma Néa. Ma joie, mon amour, qu’est-ce que tu es belle. Qu’est-ce que tu brilles !
Je la vois arriver. Elle est au bras d’une femme plus âgée que moi, ridée et renfrognée. Son regard, plein de jugement, me tombe dessus comme une lame. Il me transperce de part en part.
Je rougis. La colère me monte à la poitrine comme un engin mal désamorcé. J’ai envie de hurler : «Oh, Ma cu minchia si ??! Lâche ma fille ! C’est avec moi qu’elle doit être, pas avec toi ! » [trad. « Mais t’es qui, bordel ? Tu vaux rien, va »]
Mais mon avocate — une femme formidable, peut-être encore un peu trop jeune pour le chaos qui s’annonce — s’approche et me murmure avec douceur mais fermeté :
« Madame, ne faites pas ça. Ce serait pire. Il faut se montrer tolérante, pas en colère. Surtout : pas d’accusations, pas de “je veux partir”. Vous êtes ici, et vous devez rester avec vos enfants. D’accord ? »
D’accord. Qu’est-ce que je peux faire d’autre ?
J’ai peur, tellement peur, mais je le fais. Je dois le faire.
On ne me laisse pas prendre ma petite perdue dans les bras. Je n’en ai pas le droit, me dit-on. Elle entre la première.
Elle parle avec la juge honoraire, la psychologue. Celle qui écoute. Mais qui décide.
Le lundi ou le mardi, c’était jour de courses.Mais pas les courses d’un foyer ordinaire.Une liste immense, format A4, que je divisais en catégories, offres, possibilités. Le dimanche soir, je passais des heures à éplucher les promotions sur le site du supermarché. Je faisais l’inventaire de ce qu’on avait encore, j’imaginais des menus possibles avecPoursuivre la lecture de "Cuisiner avec un frigo vide : boulettes d’anchois"
Le dimanche, au foyer, était assez ennuyeux quand on décidait de rester.Mais quand Claudia était de service en cuisine, c’était la fête.Une fête simple, douce, bruyante parfois,comme si on était une grande famille. Le rituel commençait dès le matin, parfois même la veille,avec la préparation du ragù à la palermitaine.Contrairement au célèbre bolognais, celui-ci contientPoursuivre la lecture de "La Magie des Dimanches avec Claudia en Cuisine"
À Palerme, ils ne disent pas “pâtes au four”,mais bien pasta col forno,avec ce mélange d’italien et de dialecte qui dit tout d’un lieu. Ce plat, je l’ai découvert un dimanche au foyer.Et depuis, il ne m’a plus jamais quittée. 🍝 La recette des anelletti au four Ingrédients pour 4 personnes : Préparation : 📖Poursuivre la lecture de "« Pasta col Forno » : Recette Traditionnelle Palermitaine"
3 heures du matin. Réveil.Comme toujours, comme chaque jour.Même au foyer, je me réveillais sans faute.Mais je ne pouvais pas connaître l’heure :les téléphones étaient interdits. Chaque nuit, la même histoire. Je devais me fier à la lumière de la lune.Je fumais encore, à l’époque. Je me levais doucement,je sortais sur le balcon pour nePoursuivre la lecture de "Nuits Étoilées: Pensées et Émotions à l’Aube"
Il y a une place vide sur le canapé.Il y a une place vide dans ce grand espace. D’un côté, il y a Momo.De l’autre, il y a Pucci.Et moi, je suis au milieu. Et pourtant,il y a une place vide : la tienne. L’absence de ton être manque.Tu remplis l’espace,l’esprit,le cœur.Tu es. On regardePoursuivre la lecture de "La place vide : Un symbole d’amour et d’espoir"